Depuis le lancement en 1998 de la première salle de poker en ligne, les chiffres d’affaires des principaux leaders de cette industrie florissante traduisent l’engouement de la planète pour cette nouvelle pratique. Enquête.
Selon PokerPulse.com, société canadienne qui étudie l'évolution de cette économie, en janvier 2003, 11,1 millions de dollars étaient échangés par jour sur les principaux sites de poker. En janvier 2004, cette moyenne était passée à 180 millions.
Une histoire récente
La première salle de poker en ligne, Planet Poker, a été lancée en 1998. Elle a impulsé l’engouement des salles de jeux sur le net. Et même si Planet Poker a depuis été dépassée par de nombreuses salles de poker, c’est bien à elle que les joueurs d’aujourd’hui doivent tout puisqu’elle a servi de modèle notamment pour son système de commission (5% jusqu'à un maximum de 3$), repris par quasiment toutes les salles actuelles. Rapidement, d'autres salles de poker sont apparues sur la toile dont notamment Paradise Poker qui fut lancée en 1999 et qui devint bientôt le leader de l'industrie jusqu'à 2003. Mais en 2001, la bataille changea de braquet avec la mise en ligne des deux poids lourds actuels : Poker Stars devenue célèbre pour ses tournois et Party Poker, qui s’offrit d’entrée de jeu une campagne de pub télévisée pendant le World Poker Tour. Actuellement, le réseau de Party Poker représente à peu près la moitié du marché global du poker en ligne.
L’effet “Moneymaker”
Le poker en-ligne explosa en fait réellement en 2004 quand un joueur anonyme de Poker Stars détrôna à sa première participation aux World Series of Poker 2003 les meilleurs joueurs mondiaux. Cet illustre inconnu des tables classiques, Chris Moneymaker avec ses 40 dollars de mise rafla 2,4 millions de dollars ! L’année suivante, Greg Raymer, un joueur de salon lui aussi, remportait à son tour les World Poker Series ! Cette performance donna des envies à la planète entière de s’y mettre !
Grâce à ces deux joueurs de légende, les profits de l'industrie ont plus que triplé l’année suivante et de nouvelles compagnies comme Full Tilt Poker et Noble Poker arrivèrent sur le marché.
Une réglementation en mouvement
Alors que les principales sociétés du marché s’apprêtent à entrer en bourse, 2006 marque un tournant. Les salles de poker virtuelles qui étaient jusqu’alors immatriculées dans des pays de complaisance ont vu le Royaume-Uni adopter dernièrement un projet de loi qui autorise l'enregistrement et la réglementation des sociétés de jeux en ligne sur son territoire. Aux USA aussi, un texte de loi à l’étude pourrait bien bouleverser le milieu du poker en ligne. En effet, selon l'étude réalisée par la Poker Players Alliance, un groupe qui appelle à une régulation du jeu en ligne, la création d’un impôt sur les sommes gagnées au poker pourrait rapporter à la maison blanche quelque 2,5 milliards de dollars chaque année. Et ce n’est qu’un début puisque selon le même organisme, le marché du poker en ligne devrait croître de 15 à 20 % par an.