Au 19e siècle, les grands magasins parisiens ont mis un terme à un commerce anarchique. C’est à eux que l’on doit les prix affichés, les soldes, les livraisons et encore mille autre choses qui ont préfiguré l’avènement des supermarchés et des webmarchands.
Au 19e siècle, l'abolition des corporations et la révolution industrielle font souffler un vent nouveau sur la distribution. Ce grand chamboulement du commerce a fait naître des initiatives révolutionnaires pour l’époque sur les grands boulevards. Enfin des magasins de nouveautés proposent pour la première fois sous la même enseigne tout le nécessaire à la toilette féminine : draperie, soierie, mercerie, bonneterie, dentelles, fleurs…
Une révolution aussi forte que le supermarché
Alors que les grandes filatures industrielles tout juste construites permettent la production en série et la baisse du prix des tissus, des pratiques innovantes transforment le commerce de détail. Malgré les critiques virulentes des défenseurs du petit commerce et de ceux qui y voient un lieu de perdition, le grand magasin réinvente, mine de rien, le commerce dans son ensemble. En effet, jusqu’alors, les prix n’étaient pas affichés. Tout ce négociait ! Avec l’arrivée du concept des Grands Magasins, l’entrée des surfaces de vente devient libre. Une nouvelle relation s'installe entre le commerçant et le client. Il faut séduire, et la mise en place de petits prix est dans l’air du temps ! L’idée des pionniers de cette nouvelle ère est simple : il faut vendre « à petit bénéfice » mais sur de gros volumes. Et pour accélérer la rotation du stock, on invente les soldes, les livraisons, la vente par correspondance, l’usage de la publicité. Une vraie révolution des moeurs !
Les pionniers des grands boulevards
Le premier de tous sera Aristide Boucicaut. En 1852, il s'associe à l'exploitant d'un modeste magasin à l'enseigne du Bon Marché. En mettant en pratique des méthodes marketing incroyablement modernes il voit son chiffre d’affaires s’envoler. Dans le même temps, en 1855, année de l'Exposition Universelle, les Grands Magasins du Louvre ouvrent leurs portes, suivis par La Samaritaine en 1865, Le Printemps en 1869 et Galeries Lafayette en 1893. Toutes ces surfaces de vente optent pour une théâtralisation des ventes. Les grandes coupoles de verre alors dans l’air du temps et le grand escalier central font éclater la lumière et les bonnes affaires. Le tout Paris se précipite ! En reproduisant à des prix accessibles avec leurs propres ateliers et modélistes les toilettes des élégantes, les Grands magasins inventent le prêt-à-porter ! Dans les années 30, Le Printemps avec Prisunic et les Galeries Lafayette avec Monoprix passent à la vitesse supérieure. Le concept de vente à prix unique fait un malheur !