
Les Nations unies prévoient que 68 % de la population mondiale vivra en zone urbaine d'ici 2050, un bouleversement démographique majeur avec des implications profondes sur les modes de vie, de travail et de communication. Mais lorsqu'on parle de "villes", il ne s'agit pas d'un système unique mais de plusieurs, particulièrement dans le monde francophone. Des villes compactes françaises aux métropoles africaines en urbanisation rapide, l'expérience de la vie urbaine francophone varie considérablement selon les régions et les contextes institutionnels.
Les villes francophones recouvrent des environnements urbains divers à travers l'Afrique, l'Europe, l'Amérique du Nord et les Caraïbes. Si Paris, Kinshasa et Montréal sont les plus connues, de nombreuses autres comptent d'importantes populations francophones. Comme le soulignent les projections d'urbanisation de l'ONU, cette croissance est mondiale et les villes africaines en particulier sont au cœur du basculement vers l'urbanisation, soulignant le rôle de plus en plus central de l'Afrique francophone.
Les villes francophones, qu'elles soient en Europe, en Afrique ou en Amérique du Nord, sont souvent plus petites et plus denses que leurs homologues anglo-saxonnes. Cette forme urbaine compacte s'observe à Kinshasa, Port-au-Prince, Montréal et Paris. Leur urbanisme serré plonge ses racines dans l'urbanisme colonial et l'architecture des villes françaises, bien que cela soit rarement documenté dans les sources officielles.
Les villes francophones partagent une autre caractéristique : l'absence d'un ministère national centralisant les questions urbaines. La France, comme une grande partie de l'Europe, traite la gouvernance des villes dans le cadre de la politique territoriale. Il n'existe pas de ministère des villes, seulement un [ministère de la cohésion des territoires et des collectivités locales].
Le monde francophone englobe bien plus que ceux qui parlent français ; c'est un ensemble de villes à travers l'Europe, l'Afrique, les Amériques et les Caraïbes, chacune fonctionnant selon ses propres règles institutionnelles et de gouvernance. La Belgique et la Suisse ont chacune un système fédéral distinct de l'État centralisé français. Les deux pays possèdent trois niveaux de gouvernement principaux : fédéral, cantonal/communal et municipal. La Suisse définit l'"urbain" selon un critère de densité de population plutôt que de taille démographique. Les villes belges, quant à elles, sont soumises à une forte dualité des responsabilités budgétaires.
Ces différences de gouvernance et de structures institutionnelles impliquent que les questions urbaines sont traitées différemment dans les villes françaises, belges et suisses. Par exemple, la densité démographique est un critère pour identifier une ville suisse, plutôt que sa taille. Et en Belgique, les villes sont soumises à cette dualité des responsabilités budgétaires.
Hors d'Europe, Montréal et Port-au-Prince comptent parmi les villes francophones les plus importantes, avec des populations de plusieurs millions d'habitants. Pourtant, elles s'inscrivent dans des cadres institutionnels différents et présentent des dynamiques urbaines distinctes. Montréal appartient au Québec, une province canadienne distincte et autonome dotée de son propre gouvernement. C'est un centre culturel francophone et un pôle économique avoisinant les 4 millions d'habitants. Port-au-Prince, plaque tournante d'Haïti, ancre cette nation insulaire. Ces villes illustrent la diversité des expériences urbaines francophones, des infrastructures développées de Montréal aux défis infrastructurels et pressions économiques d'Haïti. Port-au-Prince a également dû faire face à .
Pour ceux qui découvrent les villes du monde francophone, voici plusieurs sources fiables à garder sous la main : 1. Le rapport Perspectives de l'urbanisation mondiale 2018 du Département des affaires économiques et sociales de l'ONU, qui suit les tendances d'urbanisation, y compris dans les pays francophones. 2. ONU-Habitat, le programme des Nations unies pour les établissements humains, qui fournit analyses et ressources sur l'urbanisation en Afrique et autres régions francophones. Le Rapport sur les villes du monde 2022 est particulièrement pertinent pour comprendre la croissance des villes africaines. 3. Les offices statistiques nationaux et ministères de l'aménagement du territoire, qui fournissent des données spécifiques à chaque pays. Par exemple, le ministère français de la cohésion des territoires et des collectivités locales regorge d'informations sur les villes en France. Les portails gouvernementaux belges et suisses offrent des ressources similaires.
Ces sources fournissent les informations les plus fiables pour appréhender les différents contextes et tendances qui façonnent les villes francophones à travers le monde. Il est crucial de noter les différences de gouvernance et d'administration entre régions et de ne pas postuler l'existence d'un modèle urbain francophone uniforme.
Lorsqu'on étudie les villes du monde francophone, il est essentiel de distinguer langue, gouvernance et forme urbaine. Le fait que des villes soient francophones ne signifie pas qu'elles partagent une structure institutionnelle ou une approche d'urbanisme uniforme. Par exemple, si les villes françaises, belges et suisses partagent une langue, elles fonctionnent selon des cadres de gouvernance différents, les villes relevant de la politique territoriale en France mais étant réparties entre niveaux fédéral, régional et local en Belgique, et entre cantons et communes en Suisse. La recherche est souvent disponible en anglais en Afrique francophone et dans les Caraïbes, avec des ressources comme ONU-Habitat et les offices statistiques nationaux fournissant des analyses utiles dans plusieurs langues. Il faut toujours séparer la langue de communication de ce à quoi les villes ressemblent concrètement, pas seulement de leur mode de fonctionnement gouvernemental. Enfin...
Cette section n'est pas un classement exhaustif des villes francophones, un guide encyclopédique de chaque ville francophone, ou une source de conseils juridiques pour les personnes ou organisations œuvrant dans ces villes. Elle propose plutôt une introduction à l'univers complexe et diversifié de l'urbanisation francophone, avec pour objectif d'aider les lecteurs à identifier les sources fiables.
En conclusion, le monde francophone des villes forme un paysage diversifié et complexe, façonné par des facteurs historiques, linguistiques et institutionnels. Bien que certaines similitudes existent, comme une tendance à des formes urbaines plus compactes, il est crucial de reconnaître les importantes différences de gouvernance, d'urbanisme et de contexte socio-économique entre régions. En distinguant langue, gouvernance et forme urbaine, et en consultant des sources fiables, les lecteurs peuvent acquérir une compréhension nuancée des défis et opportunités qui façonnent les villes du monde francophone. Cette approche rejette stéréotypes et classements simplistes pour faire avancer la réflexion.